Le chant du coeur
Pulsation de vie au fond de l’être,
Présente dès cet instant initial :
La mystérieuse rencontre
Du spermatozoïde et de l’ovule
Au premier mois dans ce ventre
Il prend sa place en l’utérus maternel.
Le battement alors se concentre
En son organe essentiel.
Murmure en duo qui se module,
Les gammes à connaître.
Il apprend par son cœur à elle :
Peur, joie, colère, plaisir, sont des maîtres.
Et puis vient l’heure où il prend son envol :
Celle de naître.
Il gazouille sa ballade nouvelle
Gorgé de tendresse à transmettre.
Si la bienveillance l’accueille sous son ombrelle,
Il chante à pleine voix son bien-être.
Mais si la bulle familiale
Vient meurtrir son étincelle.
Lentement, il ferme ses fenêtres,
Ne donne plus sa note, la fait disparaître,
Cœur blessé oubliant qu’il fût un oiseau royal !
Une descente silencieuse en spirale,
De désespérance il se constelle.
Un jour, après ce mutisme hivernal,
Il choisit de ne plus se soumettre,
De soigner sa nacelle vitale devenue frêle.
Bienfaisantes larmes, consciences corporelles
Dissolvent les malheurs tel un joyeux philtre.
Timidement, il fredonne quelques jolies voyelles
Puis de cantates en ritournelles
Il ouvre les bras au fraternel
En découvrant la profondeur du ciel
Et contactant les beautés terrestres.
Une mélopée rayonnante et impériale
S’élève du chœur de cette sanguine cathédrale
Touchant à l’unisson les cœurs, tous immortels :
Son chant, incandescence de l’amour éternel. |